Seine-Maritime : le salon de massage était la façade d'un réseau de prostitution, plus de 45 000 € saisis


Derrière la façade d'un salon de massage de Rouen, les enquêteurs ont mis au jour un réseau de prostitution actif depuis plusieurs années. Deux gérants ont été placés en détention provisoire et plus de 45 000 euros ont été saisis.



Mercredi 24 Juin 2026 - 10:29


Derrière la façade d'un salon de massage de Rouen, les enquêteurs ont mis au jour un réseau de prostitution actif depuis plusieurs années  -- Illustration © Pixabay
Derrière la façade d'un salon de massage de Rouen, les enquêteurs ont mis au jour un réseau de prostitution actif depuis plusieurs années -- Illustration © Pixabay
Un important coup de filet a été mené au cours de la semaine du 8 juin à Rouen. Dans un communiqué commun, la Direction interdépartementale de la police nationale (DIPN) de Seine-Maritime et le parquet de Rouen détaillent les résultats d'une opération visant plusieurs salons de massage soupçonnés d'abriter des activités illicites.

L'affaire trouve son origine dans une enquête ouverte le 9 octobre 2025 par la Division de la criminalité territoriale du Service interdépartemental de police judiciaire. Celle-ci débute après le témoignage d'un client qui dénonce l'existence de prestations sexuelles tarifées proposées au sein d'un salon de massage rouennais.

Selon le parquet, les investigations ont rapidement permis de mettre en évidence « une activité clandestine continue » fonctionnant sept jours sur sept. Les enquêteurs estiment que les bénéfices illicites générés par ce réseau sur une période de cinq ans pourraient atteindre plus de 1,3 million d'euros.

Une opération de flagrant délit

Le 8 juin dernier, dans le cadre des Journées européennes d'actions communes coordonnées par l'Office central pour la répression de la traite des êtres humains (OCRTEH), une opération de flagrant délit est déclenchée.

Elle mobilise notamment les enquêteurs de la Division de la criminalité territoriale, la Police aux frontières, la Brigade de protection de la famille ainsi que les services de l'inspection du travail.

Deux ressortissantes chinoises sont interpellées dans l'établissement, dont l'une se trouvait en situation irrégulière sur le territoire français depuis plus de quatorze ans. Un troisième suspect est simultanément arrêté dans le Val-d'Oise avec le concours de la gendarmerie nationale. Quant à la gérante principale du réseau, elle demeure activement recherchée.

Les perquisitions permettent la découverte de plusieurs dizaines de milliers d'euros en espèces. « Une somme de 45 755 euros en numéraire a été saisie au titre des avoirs criminels », précise le communiqué conjoint.

Les deux gérants poursuivis pour proxénétisme, blanchiment et travail illégal ont été placés en détention provisoire après leur présentation devant la justice le 11 juin. Leur procès est fixé au 15 juillet prochain devant le tribunal judiciaire de Rouen.

Trois autres salons contrôlés

Dans le prolongement de cette première opération judiciaire, une action coordonnée sous l'égide du Comité opérationnel départemental anti-fraude (CODAF) a été menée le 10 juin dans le centre-ville de Rouen.

Trois salons de massage ont fait l'objet de contrôles simultanés associant policiers, inspection du travail et services de l'État.

Les vérifications ont notamment conduit à la découverte d'un étranger en situation irrégulière. Les contrôleurs de la Direction départementale de l'emploi, du travail et des solidarités (DDETS) ont également engagé des procédures pour travail dissimulé et minoration présumée de chiffre d'affaires.

« Cette action d'envergure s'est prolongée par un contrôle interservices ciblé de trois autres établissements du centre-ville, mettant au jour des infractions graves à la législation du travail et sur les étrangers », souligne le parquet de Rouen.

D'autres dossiers en cours

Le procureur de la République rappelle que plusieurs procédures liées au proxénétisme aggravé sont actuellement en cours dans le ressort du tribunal judiciaire de Rouen.

Une information judiciaire ouverte en décembre 2025 concerne des faits de proxénétisme aggravé sur mineure de 15 ans. Une autre enquête, ouverte le 30 avril 2026, porte sur des faits de viol en réunion et de proxénétisme aggravé impliquant deux victimes mineures âgées de plus de 15 ans.

Pour le parquet, ces opérations traduisent « la volonté de maintenir une pression de contrôle importante sur les commerces suspectés de dérives » et de renforcer la lutte contre les réseaux de prostitution dissimulés derrière certaines activités commerciales.










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