Près de 200 bovins saisis dans le Calvados : tensions lors de l’intervention, l’OABA dénonce une entrave

NORMANDIE



Vendredi 27 Mars 2026 - 17:11



Une vaste opération de sauvetage animal s’est déroulée pendant trois jours dans une exploitation du Calvados. Près de 200 bovins ont été retirés à un éleveur pourtant interdit de détention depuis plusieurs années.



Selon l'OABA, les animaux, de race charolaise, ont été découverts dans un état préoccupant. Amaigris, présentant un important retard de croissance, ils étaient visiblement victimes de sous-alimentation chronique - Photo OABA
Selon l'OABA, les animaux, de race charolaise, ont été découverts dans un état préoccupant. Amaigris, présentant un important retard de croissance, ils étaient visiblement victimes de sous-alimentation chronique - Photo OABA
À la suite d’un signalement de maltraitance, l’Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoirs (OABA), en coordination avec la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) et la gendarmerie, est intervenue du 25 au 27 mars pour prendre en charge un cheptel d’environ 200 bovins.

Sur place, les animaux, de race charolaise, ont été découverts dans un état préoccupant. Amaigris, présentant un important retard de croissance, ils étaient visiblement victimes de sous-alimentation chronique. Selon l’association, certains étaient redevenus quasi sauvages.

Opposition sur le terrain

L’opération, entamée mercredi, s’est déroulée sans incident jusqu’à ce vendredi matin. Des éleveurs affiliés à la Coordination rurale ont alors tenté de s’opposer au retrait des animaux, malgré une décision judiciaire interdisant à l’exploitant de détenir du bétail depuis 2021.

L’OABA condamne fermement cette intervention, dans un communiqué ce vendredi. « Il est inadmissible que des syndicats s’opposent à une mesure judiciaire visant à assurer la protection des animaux », dénonce son directeur, Frédéric Freund. L’association pointe également un manque d’accompagnement de l’éleveur au fil des années.

Les bovins ont finalement été placés dans une ferme refuge gérée par l’OABA, où ils bénéficient désormais de soins vétérinaires, d’une alimentation adaptée et de conditions de vie jugées dignes.

Une procédure judiciaire est en cours contre l’exploitant. Le parquet de Caen a ordonné le placement des animaux dans l’attente du jugement. L’OABA a annoncé qu’elle se constituera partie civile dans ce dossier.

INFO+ Une faille dans le système de prise en charge
L’affaire met en lumière un problème structurel : l’absence de structures d’accueil adaptées pour les animaux d’élevage.

« Malgré une interdiction définitive prononcée en 2021, l’État n’a pas pu mettre fin aux maltraitances plus tôt en raison du manque de structures », souligne l’OABA.

L’association plaide pour la création de « fourrières pour animaux de rente », sur le modèle de celles existant pour les animaux de compagnie.

 





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