InfoNormandie | L'actualité en temps réel en Normandie














Université de Rouen : les cours perdus ne pourront plus tous être rattrapés

Le président de l'Université annonce une initiative qui pourrait peser dans la suite du mouvement : une consultation de l'ensemble des étudiants sur la situation des blocages.



Les semaines de blocage commencent à compromettre le calendrier universitaire. La présidence reconnaît que tous les cours annulés ne pourront plus être récupérés. Elle exclut également toute validation automatique des semestres et annonce une consultation des étudiants.


Publié le Vendredi 6 Novembre 2026 à 10:41


Université de Rouen : les cours perdus ne pourront plus tous être rattrapés
Le temps commence à manquer à l'université de Rouen Normandie. Après plusieurs semaines de blocages et de perturbations des enseignements, la présidence admet désormais que les cours annulés ne pourront pas tous être rattrapés. Une situation qui pose la question de la suite du semestre et des conditions dans lesquelles les étudiants pourront passer leurs examens.

Dans un long message publié jeudi 5 novembre, à la suite d'une rencontre avec une cinquantaine d'étudiants et plusieurs personnels deux jours plus tôt, la direction reconnaît les limites des solutions envisagées jusqu'ici. « S’il était possible, jusqu’à la fin du mois d’octobre, d’envisager de reporter quasiment l’intégralité des enseignements annulés, il devient impossible de le faire désormais. » Une reconnaissance des conséquences concrètes des blocages sur le déroulement de l'année universitaire.

Pas de semestre validé automatiquement avec 10 sur 20

Autre point sensible, celui des examens. Alors que circulent des informations sur une possible validation automatique des semestres avec une moyenne de 10 sur 20, la présidence oppose un démenti catégorique : « Aucune décision générale de validation automatique des semestres avec une moyenne de 10/20 n’est autorisée. »

Elle insiste sur les obligations réglementaires : « Les universités n’ont pas la possibilité de valider des semestres sans procéder à l’évaluation des connaissances. » Et prévient que les modalités des examens devront respecter le principe d'égalité entre étudiants.

La Commission de la formation et de la vie universitaire (CFVU) doit prochainement examiner les adaptations possibles. Les étudiants seront ensuite informés des éventuels reports ou changements dans l'organisation des enseignements et des évaluations.

Pas de validation automatique des semestres

Autre sujet sensible : les examens. La présidence met en garde contre les informations faisant état d’une éventuelle validation automatique des semestres avec une moyenne de 10 sur 20.

Elle rappelle qu’aucune dispense générale d’évaluation des connaissances n’est autorisée. Les modalités de validation des semestres et d’organisation des examens seront prochainement examinées par la Commission de la formation et de la vie universitaire (CFVU).

Les différentes composantes de l’université devront ensuite informer les étudiants des éventuels reports et adaptations du calendrier pédagogique.

Les cours à distance, une solution qui ne satisfait pas la présidence

Pour maintenir un minimum de continuité pédagogique malgré les fermetures de campus, certains enseignants ont recours aux cours à distance. Mais l'université ne cache pas les difficultés que cette organisation entraîne.

« Nous avons pleinement conscience que cette modalité ne constitue pas une solution satisfaisante et que tous les étudiants ne disposent pas nécessairement des conditions matérielles ou techniques leur permettant d’accéder facilement à ces ressources », reconnaît la présidence.

Les enseignants concernés ont donc été invités à laisser les supports pédagogiques accessibles en dehors des horaires habituels. Une mesure destinée à limiter les inégalités entre étudiants, sans résoudre pour autant la question des enseignements pratiques ou des cours qui nécessitent une présence physique.

Les étudiants bientôt consultés sur les blocages

La présidence annonce par ailleurs une initiative qui pourrait peser dans la suite du mouvement : une consultation de l'ensemble des étudiants sur la situation des blocages.

« Afin de permettre à chacune et chacun de s’exprimer sur la situation actuelle des blocages au sein de l’Université, une consultation sera prochainement adressée à l’ensemble des étudiantes et étudiants », indique-t-elle.

La direction précise que les réponses contribueront à « éclairer les échanges à venir ». Ni la date ni les modalités de cette consultation ne sont encore connues. Rien n'indique non plus, à ce stade, que son résultat aura une valeur décisionnelle.

L'objectif affiché reste un retour à des conditions normales de fonctionnement, avec « des campus accessibles, des enseignements en présentiel et des services ouverts à l’ensemble de notre communauté ».

Une université qui dénonce aussi son manque de moyens

Dans son message, la présidence ne limite pas les difficultés aux blocages. Elle revient sur le financement de l'établissement et reconnaît une situation préoccupante.

« C’est un constat que nous partageons », répond-elle aux étudiants qui dénoncent le manque de moyens. La direction souligne que l'université de Rouen « souffre depuis de nombreuses années d’une importante sous-dotation » de l'État par rapport à des établissements comparables.

Elle affirme continuer à réclamer un effort budgétaire pour améliorer les conditions d'études, recruter des personnels et rénover les bâtiments.

À SAVOIR. Les autres réponses de la présidence

► Restaurants universitaires et bibliothèques. Ils doivent rester accessibles lorsque les conditions de sécurité le permettent. L'université indique travailler avec le CROUS Normandie sur des adaptations d'horaires et d'organisation.
► Rémunération des étudiants vacataires. Seules les heures effectivement réalisées peuvent être rémunérées, mais la présidence annonce qu'« une avance pourra être versée » aux étudiants concernés par les perturbations.
► Incendie du bâtiment B4. Concernant le sinistre survenu dans la nuit du 16 au 17 octobre sur le campus de Mont-Saint-Aignan, la direction affirme : « Nous confirmons que le système de sécurité incendie était totalement opérationnel. »
► Droits d'inscription différenciés. L'université rappelle que leur application relève de la réglementation nationale et qu'elle maintient un dispositif d'exonération dans les limites prévues par la loi.
 








Vous consultez régulièrement InfoNormandie ? Ajoutez-nous à vos sources préférées sur Google pour retrouver plus facilement nos articles dans les résultats d’actualité.
Ajouter InfoNormandie

Chargement du fil info…