Coronavirus : la situation est très préoccupante, juge l'Agence régionale de santé de Normandie


Mardi 10 Novembre 2020

Sur les 1338 malades du Covid-19 hospitalisés en Normandie, 166 occupent un lit de réanimation. La 2ème vague progresse toujours et les décès s'accélèrent, s'inquiète l'ARS, dans son dernier point de situation



A ce jour, 166 des 1338 malades du Covid-19 hospitalisés en Normandie sont en réanimation. Et ce chiffre continue d'augmenter - Illustration © iStock
La situation sanitaire est très préoccupante en Normandie, martèle l’Agence régionale de santé (ARS). La 2ème vague est déjà deux fois plus importante que le pic du printemps, son impact sur les hôpitaux et la médecine de ville progresse toujours et les décès accélèrent, relève l’autorité sanitaire dans son dernier point de situation, publié ce mardi soir.

Le taux d’incidence pour la région « reste très élevé », à 319,42 pour 100 000 habitants (contre 328,74 le 3/11).
« Du fait de ces nouvelles contaminations, très nombreuses bien qu’en très léger retrait par rapport à la semaine précédente (retrait qui devra se poursuivre plusieurs jours pour être confirmé), le nombre d'hospitalisations, le nombre d'admissions en réanimation et le nombre de décès va continuer d’augmenter dans les semaines à venir » (ARS).

Cette incidence est le reflet des malades qui ont été diagnostiqués précédemment. Un malade contaminé va développer des symptômes 4 à 5 jours après, et les formes graves apparaissent entre 8 et 10, voire 15 jours après la contamination.

« Le pic des hospitalisations est à venir »

A ce jour, le nombre de personnes hospitalisées est déjà supérieur à celui de la 1ère vague et le pic des hospitalisations est encore à venir, observe encore l'Agence régionale de santé de Normandie. Le nombre des hospitalisations atteint 1338 personnes (le double du pic d’avril) dont 166 en réanimation.

En Normandie, le travail d’anticipation mené par l’ensemble des hôpitaux et des soignants sous la coordination de l’ARS, a permis d'ouvrir 344 lits de réanimation. Tous sont opérationnels à ce jour (238 lits en situation initiale). Grâce à ces ouvertures de lits, le taux d’occupation de la réanimation peut être maintenue à 49,8 (vendredi 45,9%) malgré de nombreuses entrées supplémentaires.

« Les autres problèmes de santé ne s'arrêtent pas avec le coronavirus »

En complément, rappelle l'ARS, dans le cadre du Ségur, 2,5 millions d’euros de crédits seront délégués en Normandie pour ouvrir des « lits à la demande » supplémentaires sur toute la saison automne-hiver. Cette enveloppe régionale permet d’ouvrir pendant l’hiver 200 lits supplémentaires, qui en complément des crédits pour les unités COVID, permettront de répondre aux besoins liés aux épidémies hivernales.
« C’est l’ensemble du système de soins qui est mobilisé pour lutter contre l’épidémie. Les médecins libéraux jouent un rôle fondamental dans la gestion de la crise du COVID. La coordination entre la médecine de ville, les établissements médico-sociaux et l’hôpital permet aujourd’hui de mieux prendre en charge les patients Covid, et de ne recourir à l’hospitalisation ou à la réanimation que lorsque c’est nécessaire » (ARS).

Tous les spécialistes sont d'accord pour dire que le recours aux soins de ville doit absolument être maintenu. « Les autres problèmes de santé ne s’arrêtent pas avec le coronavirus. Il faut maintenir les consultations programmées auprès de son médecin traitant ou du médecin spécialiste. Les cabinets restent ouverts dans des conditions de sécurité sanitaire qui permettent de prendre en charge tous les patients. »