InfoNormandie | L'actualité en temps réel en Normandie














Seine-Maritime : une vingtaine de lycées dégradés, 8 blessés et 28 interpellations aujourd'hui


Après les violences et les blocages de ce jeudi 1er octobre, la préfecture renforce les mesures de sécurité autour des lycées de Seine-Maritime. La Région annonce des travaux dans les établissements dégradés et un soutien psychologique aux agents.


Publié le Jeudi 1 Octobre 2026 à 19:53


Ce matin, dans le campus de Mont-Saint-Aignan - Photo © SL/infonormandie
Ce matin, dans le campus de Mont-Saint-Aignan - Photo © SL/infonormandie
La tension reste vive autour de plusieurs lycées de Seine-Maritime, perturbés depuis mardi par des mouvements revendicatifs. Selon le bilan communiqué par la préfecture, les violences de ce jeudi ont fait huit blessés, avec notamment des agressions contre des personnels éducatifs et les forces de l’ordre. Des incendies, des intrusions et des dégradations de locaux et de matériel pédagogique ont également été signalés. Certains établissements ont déclenché leur Plan particulier de mise en sûreté (PPMS).

Plus de 300 policiers et gendarmes ont été mobilisés. Ils ont procédé à 28 interpellations dans la journée, portant à 38 le total depuis mardi, notamment pour intrusions, dégradations et jets de projectiles. Les sapeurs-pompiers ont effectué 36 interventions liées à ces mouvements, avec plus de 243 pompiers et 53 engins déployés, selon la préfecture.

Une vingtaine de lycées dégradés en Normandie

À l’échelle de la Normandie, la Région fait état d’une vingtaine de lycées ayant subi des dégradations, parfois importantes, depuis le 29 septembre. La collectivité, présidée par Hervé Morin, a commandé dès jeudi matin de premiers travaux, déjà en cours, pour réparer notamment les vitres et les portes brisées.

Des interventions plus lourdes doivent débuter la semaine prochaine afin de rendre les établissements concernés à nouveau accessibles aux élèves dans les conditions de sécurité nécessaires. Une cellule de soutien psychologique destinée à l’ensemble des agents des lycées est également mise en place conjointement par la Région et le rectorat.

Hervé Morin s’est rendu ce jeudi après-midi au lycée Marcel-Sembat, à Sotteville-lès-Rouen, puis au lycée Blaise-Pascal, à Rouen. Le président de la Région y a constaté les dégâts, rencontré les chefs d’établissement et apporté son soutien aux équipes.

« La Région réaffirme son soutien le plus total à la communauté éducative ainsi qu’aux agents des lycées qui ont fait preuve d’un grand sens des responsabilités et d’un immense courage », déclare-t-il. Il condamne les dégradations, qu’il attribue « dans la plupart des cas » à « des casseurs et non des lycéens », et demande « les réponses judiciaires les plus fortes ».

Des restrictions vendredi autour des lycées

Pour prévenir de nouveaux débordements, des arrêtés préfectoraux entreront en vigueur vendredi 2 octobre, de 6 heures à 20 heures, aux abords des lycées de Seine-Maritime exposés aux troubles. Ils interdiront notamment le port, le transport et l’utilisation d’artifices, d’armes même factices, de produits inflammables et d’objets susceptibles de servir d’armes ou de projectiles.

Ces mesures viseront aussi les objets destinés à dissimuler le visage, les équipements permettant de contrer les moyens de maintien de l’ordre et les matériaux pouvant servir à dresser des barricades ou à alimenter des incendies. Les collectivités ont été invitées à retirer de l’espace public le matériel susceptible d’être utilisé lors des débordements.

Tout en apportant son soutien aux personnels agressés, le préfet assure que le dialogue avec les représentants lycéens reste ouvert, notamment dans les instances de démocratie scolaire. Il annonce une réponse ferme à l’encontre des auteurs de violences et le maintien d’un dispositif renforcé pour sécuriser les établissements et permettre la continuité des cours.

 

Les raisons de leur colère


► À Mont-Saint-Aignan, les étudiants appellent à se mobiliser contre la précarité

Une assemblée générale est annoncée ce vendredi 2 octobre, à 12 h 30, au bâtiment Satie du campus de Mont-Saint-Aignan. Objectif : discuter des revendications étudiantes et préparer la mobilisation du 6 octobre.

Difficultés pour se nourrir et se loger, coût des études, manque de moyens dans les universités : sur le campus de Mont-Saint-Aignan, en Seine-Maritime, un tract appelle les étudiants et les personnels à se rassembler contre « l’austérité et la précarité ». Ses auteurs dénoncent des « conditions d’étude indignes » et une dégradation continue des formations.

Le texte pointe la hausse du coût de la vie et les frais d’inscription qui viennent « encore alourdir la facture ». Il s’inquiète également d’un possible gel des aides personnalisées au logement (APL) et dénonce les frais de plusieurs milliers d’euros réclamés à certains étudiants étrangers dans le cadre du dispositif « Bienvenue en France ».

► Une AG vendredi pour préparer le 6 octobre

Les revendications portent aussi sur la prise en charge des violences sexistes et sexuelles. Les auteurs du tract demandent que chaque étudiant puisse suivre ses études dans un établissement sûr, être écouté et accompagné lorsqu’il signale des violences.

Pour discuter des suites du mouvement, une assemblée générale est prévue vendredi 2 octobre à 12 h 30, au bâtiment Satie, sur le campus de Mont-Saint-Aignan. Étudiants et personnels sont invités à y participer.

Ce rendez-vous doit notamment permettre de préparer la mobilisation du mardi 6 octobre, présentée dans le tract comme une journée nationale dans les facultés et les lycées. « Le 6 octobre, faisons entendre notre colère », lancent ses auteurs. Le document ne précise pas l’heure ni le lieu de départ d’une manifestation locale.








Vous consultez régulièrement InfoNormandie ? Ajoutez-nous à vos sources préférées sur Google pour retrouver plus facilement nos articles dans les résultats d’actualité.
Ajouter InfoNormandie

Chargement du fil info…