Rouen : Lubrizol dépose plainte contre X pour « destruction involontaire par explosion ou incendie »



Publié le 30/09/2019 à 19:19

Ce lundi 30 septembre a été marqué par des moments forts autour de l'incendie de l'usine Lubrizol. Venu à Rouen, le ministre de l'Agriculture a promis aux agriculteurs dont les productions sont impactées par le panache de fumées qu'ils seront indemnisés totalement. Plus tard dans la journée, à Rouen également, le premier ministre a réaffirmé une transparence absolue quant aux résultats des analyses. Enfin, la direction de Lubrizol a déposé plainte pour « destruction involontaire » estimant que le feu était parti de l'extérieur de l'usine



Le feu serait parti de l'extérieur du site, selon la direction de l'usine Lubrizol qui a déposé plainte contre X - Photo © Sdis76
Le feu serait parti de l'extérieur du site, selon la direction de l'usine Lubrizol qui a déposé plainte contre X - Photo © Sdis76
L'origine de l'incendie qui a ravagé une partie des installations des unités d'entreposage et d'enfutage de l'usine Lubrizol dans la nuit du mercredi 25 au jeudi 26 septembre, à Rouen, n'a toujours pas été clairement établie. L'enquête, qui s'annonce longue et difficile, a été confiée à la police judiciaire, la gendarmerie nationale et à l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement. 

Après cinq jours d'inquiétudes, de colère et de polémiques, la direction du groupe Lubrizol sort de son silence. Elle a déposé plainte  ce lundi 30 septembre pour "destruction involontaire par explosion ou incendie par violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité ou de prudence". 

L'incendie est parti de l'extérieur selon Lubrizol qui dépose plainte

Pour surprenante qu'elle soit, cette plainte s'appuie sur des éléments qui n'avaient pas été rendus publics jusque là.
« La vidéo surveillance (de l'usine,ndlr) et des témoins oculaires indiquent que le feu a tout d’abord été observé et signalé à l’extérieur du site de Lubrizol, ce qui suggère que l’origine du feu est extérieure à Lubrizol et que le feu s’est malheureusement propagé sur notre site », révèle le groupe industriel sur son site internet. « Nous continuons de soutenir les forces de l’ordre pour les besoins de l’enquête afin de déterminer l’origine et la cause du feu ».
La direction rappelle que l’entreprise (420 salariés) fait partie de la communauté rouennaise et fait tout son possible pour apporter son soutien à la ville de Rouen et aux habitants de l’agglomération. « Nous sommes profondément attristés par l’impact de l’incendie sur les populations environnantes et nous travaillons avec les autorités locales afin de réaliser les tests environnementaux visant à assurer la sécurité des populations ». 

Les agriculteurs indemnisés totalement, promet Didier Guillaume

Dans l'après-midi, le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, Didier Guillaume, est venu à Rouen pour rencontrer avec les organisations agricoles, très inquiètes sur les conséquences des pollutions générées par le panache de fumées et les retombées de suie dont on ne sait toujours pas si elles sont toxiques.

Le ministre a affirmé que les agriculteurs dont la production est affectée pourront prétendre à une indemnisation totale. « Vous devrez être indemnisés en totalité, d'abord par des avances », a assuré Didier Guillaume lors de sa visite dans une exploitation à Bois-Guillaume, près de Rouen.

Un peu plus tard, dans la soirée, c'est au tour du premier ministre d’être venu sur le site de Lubrizol.  Pour Edouard Philippe, qui a promis la transparence absolue, « les odeurs sont très dérangeantes, très pénibles à supporter »  mais ne sont pas « nocives ».

« On veut la vérité ! »

Ce soir, une réunion du Conseil de la Métropole se tenait entre le préfet et les élus en quête d’informations. L’échange devait être retransmis sur écran géant afin de permettre aux habitants présents à l’extérieur du bâtiment d’écouter les réponses du représentant de l’État.

Mais la retransmission était inaudible, ce qui a suscité la colère des manifestants qui ont alors tenté d’entrer de force dans les locaux protégés par un cordon de policiers. « On veut la vérité » ont-ils scandé, tout en réclamant la démission du préfet, Pierre-André Durand.
 
 





















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