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Pédophilie : « Il y a de la pourriture dans notre église catholique », réagit l’archevêque de Rouen


Mgr Dominique Lebrun est direct. Dans une « lettre aux fidèles » publiée ce vendredi, il se dit troublé après la condamnation du cardinal Barbarin pour, selon ses mots, « non dénonciation de mauvais traitements envers un mineur ».



Vendredi 8 Mars 2019 - 20:43


« Nous découvrons des péchés graves, aggravés parce qu’ils ont été cachés » - illustration © Pixabay
« Nous découvrons des péchés graves, aggravés parce qu’ils ont été cachés » - illustration © Pixabay
« Je n’imaginais pas à quel point il y a de la pourriture au sein de notre Église catholique ».
Ces propos sont tenus par l’archevêque de Rouen, Mgr Dominique Lebrun, dans une « lettre aux fidèles » publiée sur la page Facebook du diocèse de Rouen, aujourd’hui vendredi.

Cette déclaration publique fait suite à la condamnation, jeudi, à six mois de prison avec sursis du cardinal Philippe Barbarin pour « non-dénonciation de mauvais traitements envers un mineur ». Ce plus haut dignitaire de l’Église de France a annoncé qu’il allait remettre sa démission au pape et ferait appel du jugement.

« Les victimes n’ont pas toutes parlé »

D’emblée, Mgr Lebrun prévient qu’il n’est pas question pour lui de commenter cette décision de justice. «  Elle s’ajoute à d’autres révélations et condamnations de prêtres, d’évêques, de religieux ou religieuses qui ont abusé d’enfants ou de personnes fragiles, crimes terribles », écrit-il.

Selon lui, « en raison même des processus psychologiques, on peut penser que les victimes n’ont pas toutes parlé. À cela se sont ajoutés des comportements de la hiérarchie et des proches des victimes qui ont étouffé des paroles ».

« Il y a de quoi être troublé »

L’archevêque de Rouen reconnaît qu’« il y a de quoi être troublé. Je le suis avec vous tous. Nous apprenons de Jésus qu’il n’y a pas d’impasse pour les pécheurs », poursuit-il. « Nous découvrons des péchés graves, aggravés parce qu’ils ont été cachés (...) Je n’imaginais pas à quel point il y a de la pourriture au sein de notre Église catholique ».

Et le prélat d’interroger : « Est-ce par aveuglement ou par orgueil ? Est-ce par protection plus ou moins consciente de l’Église ou des personnes ? Je ne sais pas répondre. Je m’examine moi-même, et chacun a sans doute sa réponse. En tous les cas, nous avons maintenant à accueillir la lumière qui éclaire ces ténèbres ».

> Retrouvez l'intégralité de la "lettre aux fidèles" de Mgr Lebrun, ici