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ENQUÊTE. Le terrible calvaire d'une Rouennaise de 15 ans et demi, séquestrée, frappée et violée


Publié le Dimanche 27 Avril 2014 à 22:45 l Actualisé le 28/04 - 10:28


Le gros des investigations dans cette affaire a été fait par les policiers rouennais qui ont réussi à localiser rapidement l'endroit où l'adolescente était séquestrée dans les Hauts-de-Seine (Photo d'illustration)
Le gros des investigations dans cette affaire a été fait par les policiers rouennais qui ont réussi à localiser rapidement l'endroit où l'adolescente était séquestrée dans les Hauts-de-Seine (Photo d'illustration)
SEINE-MARITIME. Les investigations confiées au Service départemental de police judiciaire (SDPJ92) des Hauts-de-Seine, sur commission rogatoire d'un juge d'instruction de Nanterre vont devoir faire toute la lumière sur cette affaire incroyable de "séquestration accompagnée d'actes de torture et de barbarie" ainsi que de "viol en complicité". La victime est une adolescente âgée de 15 ans et demi (elle aura 16 ans en novembre), originaire de Déville-lès-Rouen.

Il s'agit là de faits très graves qui devraient conduire leurs auteurs devant une cour d'assises : ils encourent la réclusion criminelle à perpétuité.

Un gros travail des policiers rouennais

Comme l'indiquait infoNormandie (lire ici le rappel des faits), trois femmes âgées de 21, 22 et 43 ans, ont été mises en examen par un juge de Nanterre (Hauts de Seine) et placées en détention provisoire dans cette affaire. Quatre hommes sont par ailleurs activement recherchés, dont deux pour des faits de viol.

Selon nos informations, recoupées par des sources judiciaires, les policiers de la Brigade de protection de la famille (ex-brigade des mineurs) de Rouen ont joué un rôle prépondérant dans cette enquête.

Une enquête qui démarre le vendredi 16 avril. Vers 21 h 15, le centre d'information et de commandement de la Direction de la sécurité publique à Rouen, (police-secours), reçoit un curieux appel téléphonique. Au bout du fil, une jeune fille se prénommant Maéva (*) : elle affirme qu'une de ses amies, Betty (*), âgée de 15 ans et demi, est séquestrée et battue par des femmes qu'elle connait.

Les policiers se rendent immédiatement à l'adresse communiquée par Maéva, rue Jean Mermoz à Déville-lès-Rouen. Il s'agit en fait du domicile de la mère de l'adolescente qui serait séquestrée.

Des propos d'une violence inouïe

Maéva donne des précisions. Elle dit avoir reçu un appel téléphonique de Wendy A. et de Danaë B., (cette dernière est une ancienne connaissance qui habite Bois-Guillaume), lui affirmant avoir séquestré Betty du "côté de Mantes-la-Jolie".  Elles tiennent des propos d'une violence inouïe : elles déclarent ainsi avoir prévu de revenir le lendemain à Rouen avec Betty afin qu'elle se fasse violer par des amis à elles.

Les policiers qui assistent à l'échange téléphonique n'en croient pas leurs oreilles. Pour autant, devant les propos incohérents de Maéva, ils décident de la placer en garde à vue. Les enquêteurs veulent savoir qui sont ces deux femmes au téléphone et surtout si la jeune fille est complice de cette séquestration.

L'enquête s'emballe. Les policiers rouennais déploient tous les moyens à leur disposition pour tenter de localiser l'adolescente séquestrée. L'exploitation de la téléphonie leur permet dans un premier temps de géolocaliser les appels dans les Hauts-de-Seine, à Meudon.

L'adolescente est couverte d'hématomes

Les policiers parisiens prennent alors le relais, tout en restant en contact avec leurs collègues de Rouen. L'appartement où est censé se trouver la petite rouennaise est finalement localisé à Meudon. Les enquêteurs montent immédiatement une opération et, le 17 avril, dans l'après-midi, ils récupèrent l'adolescente dont le visage est meurtri par des hématomes. Sa "gardienne", Christèle W., 43 ans est interpellée.

Wendy A. et Danaë B., elles, ne sont pas dans l'appartement. Elles seront interpellées à leur retour de Paris, vers 19 heures, et placées en garde à vue.

Lors des auditions, les mises en cause auraient donné plusieurs versions pour expliquer les raisons de ce déferlement de violences : un différend au sujet d'un petit ami ou encore une histoire de clés perdues par Betty.

Attachée, frappée et violée

Mais à ce stade de l'enquête, les policiers sont loin d'imaginer le calvaire qu'a vécu Betty au cours de ces trois jours de séquestration. L'adolescente affirme avoir été attachée à une chaise, enfermée, frappée violemment tour à tour par les deux femmes, puis violée par deux hommes. Elle précise à propos de la tentative de viol avec un manche à balai dont il a été fait état, que ses ravisseuses ont mimé une scène de sodomisation en tenant un manche un balai mais qu'elles en sont resté là. 

Le médecin qui l'a examinée, et qui a délivré un certificat de 10 jours d'incapacité totale de travail (ITT), a constaté des lésions au niveau d'un oeil, des oreilles ainsi que des bleus et hématomes sur tout le corps de la petite rouennaise. L'examen médical aurait établi qu'il y a bien eu viol.

La mère de la jeune fille, âgée de 48 ans, ainsi que ses proches ont été entendus longuement par les enquêteurs. Des enquêteurs qui cherchent à savoir les raisons qui ont poussé Betty à quitter le domicile familial.

(*) Les prénoms de la victime et de son amie qui a alerté les services de police de Rouen ont été changés.

Me Guy-Paul Kiele : "Je suis scandalisé. Nous avons affaire à des monstres"

Me Guy-Paul Kiele, qu'infoNormandie a pu joindre au téléphone, est l'avocat qui a été commis d'office pour défendre l'adolescente rouennaise. Il s'est longuement entretenu avec Betty : « Une jeune fille très mûre dans sa tête, malgré son jeune âge », la décrit-elle.

Pour autant, l'avocat du barreau de Nanterre n'hésite pas à qualifier "cette affaire d'insupportable""Je suis scandalisé. Nous sommes dans un fait ignoble. Si je suis toujours le défenseur de cette jeune fille, lors du procès aux assises, je dirai à quel point nous avons affaire à des monstres. J'attends, mais j'ai des choses à dire".

Me Guy-Paul Kiele a assisté à la confrontation entre Betty et ses tortionnaires dans le bureau du juge d'instruction. « Elles n'ont aucunement pris conscience de la gravité des faits qui leur sont reprochés ». « Les trois femmes ont commencé à comprendre ce qu'elles avaient fait lorsqu'a été évoqué leur placement en détention provisoire ».

Au yeux du défenseur de la victime, "il y a un ensemble de faits qui les ont amenées à cette attitude à l'égard de l'adolescente. Une sorte de réglement de comptes""Il y a de tout dans cette affaire : de la psychologie, de la pysychiatrie, de la délinquance", avance Me Kiele. 





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