FAITS DIVERS


Professeur décapité dans les Yvelines : « il a été victime d’un attentat terroriste caractérisé », déclare Emmanuel Macron



Par le 16/10/2020 à 18:38

[ACTUALISÉ] - L’enseignant aurait montré des caricatures de Mahomet en classe. «  il a été lâchement assassiné parce qu’il apprenait à des élèves la liberté d’expression », a déclaré, à Conflans-Sainte-Honorine, Emmanuel Macron



Emmanuel Macron est venu sur les lieux du drame, à Conflans-Sainte-Honorine. Il était accompagné des ministres de l'Intérieur et de l'Education nationale - capture d’écran
Emmanuel Macron est venu sur les lieux du drame, à Conflans-Sainte-Honorine. Il était accompagné des ministres de l'Intérieur et de l'Education nationale - capture d’écran
Un professeur d’histoire-géographie d’un établissement scolaire de Conflans-Sainte-Honorine , dans les Yvelines, a été tué ce vendredi en fin d’après-midi, victime d’une « attaque terroriste islamiste caractérisée », a déclaré le chef de l’État. La victime, Samuel Paty, 47 ans, a été retrouvée, vers 17 heures, décapitée en pleine rue près du collège du Bois d'Aulne où il enseignait.

L’auteur de cette attaque a été tué, abattu d’une dizaine de balles dans la commune voisine d’Éragny-sur-Oise (Val d’Oise) par des policiers de la brigade anticriminalité (BAC) lancés à sa poursuite. Il aurait crié « allah akhbar ».

Selon les premiers éléments recueillis par les enquêteurs. le professeur d'histoire décapité aurait montré des caricatures de Mahomet en classe.

«  Un attentat terroriste islamiste caractérisé »

Cette affaire a suscité de très vives réactions, au plus haut sommet de l’Etat. Emmanuel Macron a tenu à venir dans la soirée sur les lieux du drame. Il devait échanger avec les enseignants du collège Bois d'Aulne.

« Notre compatriote a été lâchement assassiné parce qu’il enseignait, apprenait à des élèves la liberté d’expression, la liberté de croire ou de ne pas croire », a déclaré sur place le chef de lÉtat. «  il a été victime d’un attentat terroriste islamiste caractérisé », a-t-il insisté.

Une enquête a été ouverte pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle ».

Le procureur de la République de Versailles devrait s’exprimer dans les prochaines heures sur les circonstances précises de cette attaque et fournir des indications sur le profil du tueur, qui serait âgé de 18 ans et d’origine Tchétchène.

 
Dernière heure : Quatre personnes, dont un mineur, ont été placées en garde à vue dans la soirée, selon une source policière. Elles appartiendraient à l'entourage familial de l'assaillant, qui a été abattu par des policiers. Ces interpellations ont eu lieu dans la communauté tchétchène d’Évreux dans l’Eure où habitait l’assaillant.


Les réactions

Charline Avenel
rectrice de l’académie de Versailles


« Un enseignant de l'académie a été victime d'un acte ignoble. L'école de la République ne pliera pas face à ceux qui cherchent à semer la terreur.

Mes pensées vont à sa famille, à ses collègues et à ses élèves. Nous sommes à leur côté pour traverser cette épreuve. »


L’académie annonce qu’elle met en place une cellule d’information à destination de ses personnels, parents et élèves. Elle sera ouverte à partir de demain, samedi, de 9h à 19h.


Les réactions en Normandie

• Déclaration de Bertrand Bellanger
président du Département de la Seine-Maritime


« Ce jour, un professeur d’histoire a été décapité suite à un cours donné sur la liberté d’expression. Je tiens à faire part de ma vive émotion suite à ce drame effroyable au nom des élus du Conseil départemental de la Seine-Maritime.

Assassiné parce qu’il faisait son métier, ce professeur d’histoire, comme tous les autres enseignants de notre pays, était un symbole de notre République. Viser un professeur, c’est vouloir atteindre la liberté de pensée et la laïcité qui constituent l’ADN de notre pays. Face à cet acte de cruauté, nous nous devons de faire preuve de la plus grande unité et la plus grande solidarité.

Cela passe notamment par le renforcement des piliers de notre éducation : la tolérance, l’ouverture à l’autre, le respect, le vivre ensemble.

Nous pensons ce soir à ses collègues et ses proches.

La barbarie ne triomphera jamais des valeurs de notre République ! »

• Déclaration de Pascal Lehongre
président du Département de l’Eure


« Je suis horrifié par l'assassinat atroce d'un enseignant à Conflans. Plus que jamais il faut défendre la République contre la barbarie et tous les extrémismes.

Demain matin, le drapeau tricolore sera mis en berne au fronton de l'Hôtel du Département en signe de deuil et de solidarité avec tous les enseignants de France ».

• Déclaration de Guy Lefranc
maire d’Évreux


«  C’est avec horreur et stupéfaction que j’ai appris le crime commis à Conflans-Sainte-Honorine.

Je crois en Dieu et en tant que croyant je vis difficilement d’entendre insulter Dieu et de voir la religion salie, quelle qu’elle soit. Mais je refuse aussi l’idée qu’on se revendique d’une religion pour commettre un assassinat.

Ce crime choque aussi profondément le Républicain que je suis, attaché à la liberté d’expression, une liberté fondamentale de notre vie démocratique et avec elle la laïcité, principe fondateur qui donne à chacun la liberté de croire ou de ne pas croire.

Le Gaulliste que je suis est aussi attaché au respect de l’autorité. L’autorité de toutes les institutions républicaines, celle de la police, de la justice, de l’Éducation nationale… je demande à ceux qui en ont la responsabilité au plus haut niveau de l’État de leur donner les moyens de la faire respecter partout en France…

Une vie vaut plus qu’une critique !
J’adresse mes plus sincères condoléances à la famille de la victime et à ses proches. »