Le CBD contenait des drogues de synthèse : 13 commerces fermés dans l'Eure et la Seine-Maritime


Une enquête de près d'un an, déclenchée après l'intoxication d'un consommateur à Bernay, a mis au jour un trafic de produits présentés comme du CBD mais contenant des stupéfiants. Treize commerces ont été fermés administrativement.



Jeudi 2 Juillet 2026 - 12:07


Illustration © Pexels
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Tout est parti d'une intervention de la gendarmerie à Bernay le 3 juillet 2025. Les militaires sont appelés après le signalement d'un jeune homme présentant des troubles graves sur la voie publique, avec confusion mentale et hallucinations, après avoir consommé un produit acheté dans une boutique de CBD.

Saisi de l'affaire, le parquet d'Évreux ouvre une enquête. Menées pendant près de onze mois par les gendarmes de Bernay avec le Groupe interministériel de recherches (GIR) de Rouen, les investigations révèlent qu'un réseau de commerces de l'Eure et de la Seine-Maritime commercialisait des produits présentés comme du CBD mais ne respectant pas la réglementation.

Des drogues de synthèse découvertes

Les perquisitions réalisées en mars 2026 dans les commerces et aux domiciles des gérants ont conduit à la saisie de 108 produits.

Les expertises menées par les laboratoires de police sont sans appel. Selon le parquet, le laboratoire de Marseille a mis en évidence la présence de CUMYL PINACA et EDMB-4, deux drogues de synthèse interdites, dans une majorité des produits analysés. Le laboratoire de Lille a par ailleurs constaté que 73 produits contenaient un taux de THC supérieur à la limite autorisée de 0,3 %, atteignant jusqu'à 1 % pour certains.

« Au total, 80 % des 108 produits saisis étaient classifiés comme stupéfiants », souligne le communiqué conjoint du procureur de la République d'Évreux et du préfet de l'Eure.

Les enquêteurs ont également identifié des fournisseurs installés à l'étranger, notamment en Suisse. Les perquisitions ont permis la saisie d'environ 300 000 euros en numéraire, ainsi que de documents comptables révélant l'ampleur commerciale du trafic.

Trois gérants poursuivis

Une nouvelle opération menée le 1er juin a conduit à l'interpellation de cinq personnes. À l'issue des gardes à vue, trois d'entre elles ont été déférées devant le tribunal judiciaire d'Évreux.

Conformément aux réquisitions du parquet, le juge des libertés et de la détention les a placées sous contrôle judiciaire. Elles comparaîtront devant le tribunal correctionnel d'Évreux le 15 octobre 2026. D'ici là, elles ont interdiction d'exploiter un commerce de CBD pendant six mois.

Treize commerces fermés

Parallèlement à la procédure judiciaire, les autorités administratives ont pris des mesures immédiates.

« Le préfet de l'Eure, saisi par le parquet et les services de gendarmerie, a ordonné la fermeture administrative de cinq commerces eurois impliqués dans les faits, mettant ainsi fin à leurs activités illégales et dangereuses pour les consommateurs », indique le procureur Rémi Coutin dans ce communiqué cosigné avec le préfet Xavier Delarue.

En Seine-Maritime, huit autres commerces ont également fait l'objet de mesures de fermeture provisoire décidées par le préfet.

REPÈRE 
  • Enquête ouverte après l'intoxication d'un consommateur à Bernay en juillet 2025.
  • 11 mois d'investigations menées par la gendarmerie et le GIR de Rouen.
  • 108 produits saisis.
  • 80 % classés comme stupéfiants.
  • Environ 300 000 euros en espèces saisis.
  • 5 personnes interpellées, 3 renvoyées devant le tribunal correctionnel.
  • 13 commerces fermés administrativement : 5 dans l'Eure et 8 en Seine-Maritime.









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