Créée il y a 20 ans, l'Alerte enlèvement a été déclenchée trois fois en Normandie



Dimanche 1 Mars 2026 10:26



Depuis 2006, le dispositif Alerte enlèvement mobilise en quelques minutes médias, réseaux de transport et acteurs du numérique pour retrouver un enfant en danger. En vingt ans, il affiche un bilan jugé remarquable : 38 enfants retrouvés vivants.



Les appels des témoins sont centralisés via un numéro unique et transmis instantanément aux enquêteurs de terrain.Illiustration DGPN
Né le 28 février 2006, le système « Alerte enlèvement » s’inspire directement du programme nord-américain Amber Alert, découvert au Canada par Nicole Guedj alors secrétaire d’État aux Victimes, et Pascal Clément,  garde des Sceaux. Après un premier test concluant lors de l’enlèvement d’Aurélia en novembre 2005, il devient un outil national, encadré par une convention signée avec plus de soixante partenaires, des médias aux gestionnaires d’autoroutes. Depuis sa création, il a été activé à trente-sept reprises et a permis de retrouver 38 enfants vivants.

« Dans la majorité des cas l’alerte a permis la localisation du ravisseur ou sa voiture grâce à un passant sans qui, aucun autre moyen n’aurait permis la découverte de l’enfant, et la pression médiatique liée au dispositif a pu amener le ravisseur à remettre l’enfant », observe le ministère de la Justice.

Comment fonctionne l’alerte

Le dispositif ne peut être déclenché que si quatre conditions cumulatives sont réunies : enlèvement avéré, victime mineure, danger imminent, éléments d’identification précis à diffuser.
La décision revient au procureur de la République, après avis du procureur général et accord de la direction des affaires criminelles et des grâces.

Une fois l’alerte déclenchée, un message national est diffusé sur les chaînes TV et radio, panneaux d’autoroute, gares, aéroports, réseaux sociaux et grands portails Internet. Durant trois heures, les partenaires s’engagent à relayer le message toutes les 15 minutes. L’alerte peut être prolongée ou levée à tout moment selon l’avancée de l’enquête.

REPERE - Les trois alertes enlèvement déclenchées en Normandie en vingt ans

Depuis 2006, seules trois alertes enlèvement ont été activées en Normandie. Trois situations très différentes, qui illustrent la variété des contextes et des issues possibles.

Seine-Maritime – 12 juillet 2024
Une fillette de 6 ans, Célya, disparaît du domicile familial à Saint-Martin-de-l’If. L’alerte est déclenchée dans la soirée. Le corps de l’enfant sera retrouvé sans vie dans un bois, à proximité du véhicule du compagnon de sa mère, rapidement interpellé.

Orne – 25 septembre 2025
À Argentan, Lucie, 12 ans, est portée disparue. L’alerte est diffusée à l’échelle nationale. L’adolescente sera retrouvée quelques heures plus tard, saine et sauve, en Loire-Atlantique. Un ami de son père est arrêté.

Orne – 7 octobre 2025
La petite Khuslen, 3 ans, disparaît dans un contexte de séparation familiale, à Alençon. L’alerte enlèvement est lancée, puis levée par décision du procureur de la République, avant même que l’enfant ne soit retrouvée.

Un bilan jugé très efficace

Police et gendarmerie déclenchent sans délai leurs investigations : sections de recherches, services de PJ, Centre d’information de la Police nationale, Centre national des opérations de la Gendarmerie.
Les appels des témoins sont centralisés via un numéro unique et transmis instantanément aux enquêteurs de terrain.

Le dispositif repose sur un large réseau : Agence France-Presse, TF1, France Télévisions, BFM TV, Radio France, SNCF, RATP, sociétés d’autoroutes, opérateurs télécoms, afficheurs urbains et associations d’aide aux victimes.

EN CHIFFRES

Depuis 2006, 37 alertes ont été déclenchées, permettant la localisation de 38 enfants, tous retrouvés vivants, souvent grâce au signalement d’un automobiliste ou d’un passant.

Profil des ravisseurs :
64 % : un homme seul
22 % : une femme seule
23 % : auteur inconnu de l’enfant
56 % : parent
21 % : proche

Le dispositif est désormais activé majoritairement en contexte familial, une tendance nettement renforcée : 80 % des cas entre 2019 et 2025.