Yvelines : Mantes-la-Jolie était la plaque tournante du réseau de prostitution de la Colombienne


Mercredi 29 Mars 2017 à 09:38

Le réseau faisait travailler une dizaine de prostituées, la plupart étaient des mères de famille (Illustration©DR)
Le réseau faisait travailler une dizaine de prostituées, la plupart étaient des mères de famille (Illustration©DR)
A l’issue de huit mois d’enquête, les policiers des Yvelines ont démantelé un réseau de proxénétisme sud-américain qui alimentait en prostituées la grande couronne parisienne à partir de Mantes-la-Jolie. Trois des mis en cause ont été ecroués.

Il y a quelques mois, en août 2016 précisément, les policiers contrôlaient un véhicule suite à une infraction routière. Ils remarquaient la présence de munitions de catégorie B à l’intérieur du véhicule. Le couple était interpellé. La perquisition au domicile de la mise en cause révélait la présence de matériels laissant penser que des femmes y vendaient leurs charmes contre rémunération.

Une Colombienne à la tête du réseau

Les investigations étaient poursuivies par la Sûreté départementale des Yvelines, conjointement avec les enquêteurs du groupe d'intervention régional (GIR). Les nombreuses surveillances physiques et techniques, les écoutes téléphoniques mettaient en évidence une véritable association de malfaiteurs.

Les enquêteurs identifiaient une colombienne âgée de 40 ans et domiciliée à Nanterre (Hauts-de-Seine) qui était à la tête du réseau. Elle louait pour un total de 4000 € par mois six appartements à Mantes-la-Jolie, Arpajon, Versailles et Fontainebleau où elle plaçait des filles hispanophones exclusivement.

"Son mari âgé de 41 ans donnait un caractère familial à cette entreprise criminelle en suivant les annonces des sites de rencontre et en transférant une partie des gains récoltés en Colombie", relate à infonormandie une source policière.

Une autre prostituée espagnole âgée de 35 ans se chargeait de la gestion des annonces sur les sites Internet de rencontre.

Le faussaire jouait aussi les gros bras

Un autre individu né en janvier 1984 et demeurant à Limay, près de Mantes-la-Jolie, fournissait les faux papiers nécessaires pour les contrats de location des meublés, papiers qu’il obtenait auprès d’un faussaire demeurant à Nanterre (Hauts-de-Seine). Il s’impliquait également physiquement en chassant par la force si nécessaire d’autres filles concurrentes.

La semaine dernière, entre les 21 et 23 mars, une vaste opération judiciaire en plusieurs points d’Ile-de-France amenait l’interpellation de l’ensemble des protagonistes. Les perquisitions permettaient la saisie de 6000 € et de 900 livres anglaises en passe d’être transférées en Colombie via Western Union et la découverte à Nanterre chez le faussaire du matériel ayant permis la production des documents apocryphes.

Les filles "franchisées" passaient par Mantes-la-Jolie

Au total depuis deux ans, une dizaine de filles « franchisées » se succédaient dans les appartements de la colombienne à Mantes-la-Jolie, Fontainebleau, Arpajon ou Versailles, procurant à cette dernière 3200 € de revenus mensuels qu’elle cumulait avec le produit de sa propre prostitution soit 500 € par semaine.

Chaque prostituée quant à elle générait environ 1500 € de revenu hebdomadaire dont elle semblait conserver la libre disposition, plusieurs étant mères de famille et transférant l’argent tantôt en Espagne tantôt en Italie ou en Colombie.

Sur instructions du parquet, les cinq mis en cause ont été déférés devant un magistrat de Versailles. La colombienne, son mari et la prostituée ont été écroués, les autres mis en examen et placés sous contrôle judiciaire.











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