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Un opérateur retrouvé pendu dans un atelier de l'usine Renault à Cléon


Publié le Vendredi 31 Janvier 2014 à 10:55 l Actualisé le 02/02 - 12:20


SEINE-MARITIME - Un ouvrier opérateur âgé de 43 ans a été découvert pendu sur son lieu de travail à l'usine Renault à Cléon, jeudi 30 janvier vers 23 h 30. Le corps était suspendu à une corde attachée à une poutrelle métallique dans un recoin peu fréquenté d'un atelier du bâtiment G.

Le quadragénaire, qui travaillait en équipe du matin (de 5h30 à 13h30) aurait mis fin à ses jours avant de quitter l'usine. A moins qu'il ne soit revenu dans la soirée pour commettre son acte irréparable. L'audition de ses collègues de travail permettra d'apporter des éléments de réponse.

Il n'a laissé aucun écrit

Son épouse, prévenue dans la nuit, aurait indiqué aux policiers que rien dans le comportement de son mari laissait présager un tel geste. Il ne lui aurait jamais parlé de problèmes particuliers à son travail, notamment un changement de statut qui aurait eu pour effet de diminuer son salaire.

Aucune lettre n'a été découverte sur lui ni dans son casier ou sa voiture qui a été retrouvée sur le parking de l'usine.

Ce père de famille de trois jeunes enfants (14, 12 et 7 ans), qui résidait à Cléon, travaillait dans l'atelier des pignons de boites de vitesse chez Renault depuis plusieurs années. C'est dans cette usine que sont fabriqués les moteurs et les boites de vitesse de Renault et de Nissan. Elle emploie un peu moins de 3 500 salariés.

Deuxième suicide en 9 mois

Une réunion du Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) s'est déroulée dans la matinée de vendredi, en présence d'un représentant de l'inspection du travail.
 
« C'est le deuxième suicide en neuf mois sur ce site », rappelle Pascal Le Manach, délégué syndical CGT à Renault-Cléon.

Dans la nuit du 21 au 22 avril 2013, Cédric, un tehnicien de 35 ans s'était donné la mort en laissant deux courriers, une lettre pour sa famille, et une pour la direction de Renault, dans lequel il évoquait, selon le syndicat "des pressions" et des "conditions de travail difficiles".

Le 21 décembre dernier, soit huit mois après ce suicide, « trois enquêtes menées par l’inspection du travail, par le CHSCT et par un cabinet d’expertise tirent le même constat : le salarié avait subi un chantage au droit de grève », révélait Régis Louail, délégué du personnel CGT et membre du CHSCT (Ecoutez ici son interview sur le site de la CGT)


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