Son système de freinage a lâché après avoir percuté deux vaches avant la gare de Serqueux (Seine-Maritime). Sept passagers et deux cheminots étaient à bord. A la suite de cet incident, les conducteurs de trains observent ce jeudi matin leur droit de retrait en Normandie où 25 trains ont été supprimés.

Un TER parcourt 19 km, entre Abancourt et Rouen, sans pouvoir s'arrêter après avoir percuté deux vaches


Jeudi 22 Octobre 2015 à 11:26 l Actualisé Jeudi 22 Octobre 2015 - 13:52



Illustration. Le TER s'est immobilisé à la faveur d'une côte, après une course effrénée de 19 kilomètres !
Illustration. Le TER s'est immobilisé à la faveur d'une côte, après une course effrénée de 19 kilomètres !
L'incident s'est produit mardi 20 octobre à 8h04, mais il n'a été révélé que ce jeudi matin.

Un TER assurant la liaison entre Abancourt et Rouen, a parcouru 19 kilomètres sans pouvoir ralentir ni - plus inquiétant - s'arrêter. Le frein d'urgence ne répondait plus. Le convoi de voyageurs a pu finalement s'immobiliser dans une côte, après la gare de Serqueux (Seine-Maritime) ! Le conducteur a eu le réflexe de sauter de sa cabine et de bloquer les roues avec des cales de bois pour l'empêcher de repartir en arrière.

Neuf personnes étaient à bord : sept passagers, et deux agents de la SNCF (conducteur et chef de bord).

Un événement exceptionnel, selon la SNCF


"Un événement exceptionnel", selon la SNCF qui explique , ce matin dans un communiqué, que le TER a percuté deux vaches qui étaient sur les voies en amont de la gare de Serqueux. "Suite à ce choc, le TER a été fortement endommagé. Le conducteur a actionné le freinage d’urgence pour stopper le train mais celui-ci n’a pas répondu normalement", souligne la société de chemin de fer.

C’est la première fois, selon elle,  qu’à la suite de ce type d’incidents, le système de freinage ne répond pas correctement. "Plus d’un millier de heurts avec des bovins et grands gibiers ont lieu chaque année sur l’ensemble du réseau ferroviaire".

Les passagers regroupés à l'arrière


Tandis que le train continuait sa course effrénée, "avec une vitesse qui s’est progressivement réduite", les deux agents de la SNCF à bord ont appliqué l'ensemble des "mesures conforme aux règlements de sécurité", en activant les dispositifs d’urgence dans le train et la mise en sécurité des sept passagers qui ont été regroupés à l'arrière de la rame.
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Ces derniers, assistés par un agent de la SNCF, ont été pris en charge sur place à bord d'un autocar qui les a acheminés jusqu'à leur destination.

Une enquête interne a été diligentée, annonce la SNCF qui indique avoir déposé plainte contre X (le propriétaire des bovins).  

La rame en cause a été rapatriée hier mercredi dans l'après-midi au technicentre de Sotteville-lès-Rouen où les experts nationaux en charge de ce type de matériel procèdent aux investigations nécessaires en liaison avec le constructeur. "Les premiers éléments de cette enquête font apparaître de très importantes dégradations sur l’ensemble des organes de frein sous la caisse et ce sur toute la longueur de la rame".

Droit de retrait : vingt-cinq trains supprimés


Cet incident, pour "exceptionnel" qu'il soit, a provoqué un certain émoi parmi les agents de conduite qui ont décidé, ce jeudi matin, de faire valoir leur droit de retrait. Une décision qui a de fâcheuses conséquences sur le trafic ferroviaire en Normandie où au moins vingt-cinq trains régionaux ont été supprimés et remplacés par des autocars.

"Cet incident interroge une nouvelle fois sur la conception des nouveaux matériels roulants", a réagi la Fédération CGT des cheminots. "Il n'est pas concevable, estime-t-elle, que des matériels ferroviaires puissent être conçus de telle manière qu'une avarie, quelle qu'elle soit, ne provoque pas l'arrêt immédiat du train".








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