Ils seront deux ce mardi 21 mai dans le box des accusés de la cour d'assises des mineurs de Seine-Maritime. Ils sont âgés aujourd'hui de 18 ans. Au moment des faits pour lesquels ils sont jugés, tous les deux venaient d'avoir 17 ans. L'assassinat d'Alexandre, 17 ans, leur copain de lycée, pourrait les conduire pour le reste de leur vie en prison. Leurs deux complices présumés, âgés alors de 15 ans et demi, comparaîtront à partir du 27 mai devant le tribunal pour enfants de Dieppe statuant en matière criminelle. Ils encourent, compte tenu de leur âge, jusqu'à vingt ans de prison.

Seine-Maritime : les assassins présumés du lycéen considéraient Alexandre "comme leur frère"


Lundi 20 Mai 2013 à 22:31 l Actualisé Mardi 21 Mai 2013 - 00:56



Alexandre a été exécuté froidement de deux balles dans la tête
Alexandre a été exécuté froidement de deux balles dans la tête
"Ils me l'ont tué", s'écriera Anne Castaldo lorsqu'elle apprendra que son fils Alexandre, âgé de dix-sept ans et demi, a été découvert mort en forêt de Beauvoir-en-Lyons (Seine-Maritime). Le lycéen a été exécuté de deux balles dans la tête dont une mortelle. Son corps a ensuite été incendié comme si ses assassins avaient voulu le faire disparaître. Des assassins présumés, quatre adolescents issus de deux fratries, que les gendarmes ne tarderont pas à identifier et à interpeller.

Les deux plus jeunes ont un peu plus de 15 ans. Les deux autres sont âgés de 17 ans. Tous font partie de la même bande, et ont fréquenté les mêmes établissements scolaires, en particulier le collège de La Feuillie. Alexandre était un de leurs copains. "Ils le considéraient comme leur frère", avance Me Joëlle Guidicelli, qui va défendre les intérêts de la famille de la victime. Pourquoi tout-a-t-il basculé ce mardi 27 mars 2012 ?

Une histoire de cambriolage

L'enquête des gendarmes mettra en exergue une banale histoire de cambriolage. Le vol, chez les parents d'un copain de classe qui les avait invités en l'absence de sa famille, d'appareils multimédia notamment une console vidéo et de plusieurs armes à feu. Les quatre adolescents s'étaient partagés le butin. Ils étaient allés en forêt pour essayer les armes tirant sur des cibles factices. Alexandre ignorait tout de cette affaire jusqu'à ce jeudi soir où il était venu dormir chez deux des frères, soit quelques jours avant sa froide "exécution". Il avait compris alors d'où provenait la console de jeux.

A partir de là, par peur qu'il les dénonce, les quatre adolescents ont cogité un plan diabolique. Dans la soirée du 27 mars, quelques heures avant le crime, ils décidaient de tendre un traquenard à Alexandre en le faisant venir avec eux en forêt de Beauvoir. Chacun avait un rôle bien défini. L'un d'eux était allé le chercher avec son scooter, tandis qu'un autre avait récupéré un pistolet 22 long rifle provenant du cambriolage et qu'un troisième avait rempli une bouteille d'essence qui devait servir à brûler le corps.

Exécuté de sang froid

Assis sur un tronc d'arbre où ils avaient l'habitude de se retrouver, en bordure d'une clairière de la forêt, les cinq jeunes gens avaient entamé un semblant de discussion. En fait, l'un des plus jeunes s'était positionné derrière Alexandre et avait tiré dans la nuque. Exécuté de sang froid. Le jeune homme s'était écroulé. Son frère avait alors saisi l'arme à son tour et avait tiré une seconde fois dans la tête, quasiment à bout portant. Une balle mortelle selon le médecin légiste.

L'un des adolescents avait ensuite aspergé le corps d'essence et l'avait enflammé à l'aide d'un mouchoir et d'un briquet. Selon leurs déclarations, lors de l'instruction, "le corps s'était embrasé rapidement" et tous les quatre avaient quitté les lieux pour regagner leur domicile respectif. Sur leur indication, l'arme du crime a été retrouvée dans une mare.

Le corps d'Alexandre, en partie calciné, était découvert "encore fumant" vers 1 heure du matin par des gardes forestiers qui effectuaient un comptage de gibier.

Le procès en cour d'assises des mineurs débute ce mardi 21 mai à 9 heures. Il se déroulera jusqu'à vendredi. Les débats sont à huis clos.








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