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Le 29 octobre 2012, un incendie, généré par un accident de circulation, entraînait la fermeture à la circulation du pont Mathilde à Rouen, qui était alors emprunté quotidiennement par 80 000 véhicules. La remise en état du pont par le Département de Seine-Maritime a donné lieu à un chantier exceptionnel, achevé dans les délais annoncés, permettant sa réouverture à la circulation ce mardi 26 août.

Retour sur un chantier exceptionnel (source Conseil général de Seine-Maritime).

Rouen : les photos de l'inauguration du pont Mathilde


Publié le Mardi 26 Août 2014 à 16:26 l Actualisé le 26/08 - 17:23



Le 29 octobre 2012, un violent incendie consécutif à un accident de poids-lourds s’est déclaré sur et sous le pont Mathilde à Rouen, endommageant fortement la structure métallique de l’ouvrage.
 
D’une longueur de 585 mètres, le pont Mathilde construit en 1979 se compose d’un ouvrage central en béton précontraint sur l’île Lacroix, de deux travées métalliques franchissant les bras de la Seine entourant l’île et des ouvrages d’accès en béton aux deux extrémités.
 
Propriétaire du pont depuis 2006, le Département de Seine-Maritime a constitué un comité technique regroupant des experts spécialisés dans le domaine des ouvrages d’art et diligenté une étude de faisabilité auprès de cabinets spécialisés dans le domaine des grands ouvrages afin de mener les investigations permettant de disposer d’un diagnostic complet, prendre les mesures conservatoires nécessaires et définir les scénarii possibles pour la remise en état de l’ouvrage permettant le rétablissement total et définitif de la circulation.

Les premières investigations ont porté sur l’analyse des aciers et ont consisté à instrumenter les appareils d’appuis pour apprécier un éventuel phénomène de glissement de la travée. Aux inquiétudes au sujet de la stabilité du pont s’ajoutait la crainte des dégâts que pouvaient provoquer le gel et la neige. Les services du Département ont suivi en permanence durant cette période les indications des témoins posés sur le pont pour vérifier l’incidence des variations de température.
 
Le diagnostic a mis en évidence un endommagement conséquent de la travée rive gauche sur approximativement 40 mètres depuis la culée. Les études engagées ont permis de lever les inquiétudes sur la stabilité de l’ensemble de l’ouvrage et de vérifier que la faisabilité d’une dépose complète ou partielle de la travée métallique d’une longueur de 115 mètres et d’un poids de 1 000 tonnes était avérée.
 
Le scénario de remise en état retenu prévoyait le remplacement partiel, à l’identique, de la travée endommagée après la dépose de celle-ci. Cette solution consistait à déposer l’ensemble de la travée par barge puis à l’amener sur une aire de réception afin de reconstituer le tronçon endommagé.
 
En permettant de concilier au mieux l’ensemble des contraintes, ce scénario laissait le moins d’aléas possibles quant à la qualité de la réparation, ne pénalisait pas la circulation fluviale et présentait le coût le moins élevé tout en offrant une possibilité de réouverture à échéance la plus courte. Il évitait l’instruction de procédures administratives assorties le cas échéant d’enquête publique au titre de la loi sur l’eau, préalable aux travaux.
 
Cette solution de remise en état du pont a été validée par la Commission Permanente du Département le 11 février 2013.
 
Le choix des entreprises : la consultation a été lancée en mars 2013 pour une remise des offres le 21 mai 2013. La Commission d’Appel d’Offres (CAO), dans sa séance du 27 juin 2013, a proposé de retenir le groupement Freyssinet/Victor Buyck/Viafrance. Le 8 juillet 2013, la Commission Permanente autorisait le Président du Département à signer le marché avec ce groupement.

La période de préparation : une préparation du chantier de remise en état a été nécessaire avant le lancement des travaux. Pendant cette période, le travail s’est concentré sur les domaines suivants :

L’enlèvement des enrobés. Cette action, en allégeant le pont, a permis aux engins de chantier d’accéder au pont. Toutefois, l’allégement de la travée métallique a dû s’accompagner du lestage du cantilever (porte à faux en béton au-dessus de la Seine).

Un dossier de déclaration a été déposé auprès des services de l’Etat (Police de l’Eau) pour définir les ouvrages de traitement des eaux avant rejet en Seine et obtenir l’autorisation de commencer les travaux.

La société Victor Buyck a préparé la commande des aciers et a sélectionné l’entreprise devant effectuer la dépose de la travée. C’est l’entreprise Sarens (Belgique), spécialisée dans ce genre de manoeuvre, qui a été retenue.

Les trois entreprises du groupement ont défini les mesures propres à assurer la sécurité de leur personnel.

La réalisation des travaux : le chantier exceptionnel de remise en état du pont Mathilde a comporté plusieurs étapes. Chacun a par exemple en mémoire les manoeuvres impressionnantes de dépose et repose de la travée sud. Le calendrier a été tenu, permettant une réouverture du pont avant la rentrée 2014. Les principales phases des travaux furent les suivantes :

Préparation de la travée endommagée avant dépose : septembre 2013 puis décembre 2013 - janvier 2014.
 
Pour faciliter l’accès des engins et pour mieux cerner les déformations du platelage, il a été procédé dès septembre 2013 à l’enlèvement des enrobés. Ensuite, les candélabres et l’amorce de la bretelle Jacques Anquetil ont également été déposés.

Préparation de la plateforme à Petit-Couronne : novembre 2013 – janvier 2014.
Préalablement au transfert de la travée endommagée, la plateforme mise à disposition par le Grand Port Maritime de Rouen (GPMR) sur le quai de Petit-Couronne, a été aménagée : clôture, installation de chantier…

Fabrication du tronçon de travée neuf à Eeklo (Belgique) : décembre 2013 - mars 2014.
Les aciers ont été livrés début décembre 2013. Le tronçon de travée neuf, long d’environ 40 mètres a ensuite été entièrement usiné à Eeklo dans les ateliers de l’entreprise Victor Buyck Steel Construction. Il a été livré par barge sur le quai de Petit-Couronne le 25 avril 2014.

Dépose et transfert de la travée en février 2014

Le 20 février 2014 : dépose de la travée au moyen d’une barge en utilisant la marée, le déballastage et des vérins. Il s’est agi, probablement, de la phase la plus délicate, au regard de la fragilité de l’ouvrage endommagé. Il a fallu soulever la travée sans endommager les ouvrages de part et d’autre, et en évitant une rupture soudaine.
 
Le 23 février 2014 : transfert de la travée au quai de Petit-Couronne en passant sous les ponts de Rouen. Cette opération a été spectaculaire.

 Réparation de la travée à quai à Petit-Couronne :  les travaux de découpe de la partie endommagée et de réparation de la partie conservée ont été effectués préalablement à l’arrivée de la partie neuve le 25 avril 2014. Puis, les deux tronçons, neuf pour l’un, remis en état pour l’’autre, ont été raboutés.
 
Une fois les travaux de soudage du tronçon neuf et la remise en peinture réalisés, le transfert de la travée rénovée vers le pont Mathilde s’est opéré le 22 juin et à sa repose le 26 juin 2014. Une repose pleine de précision, parfaitement réalisée dès le premier essai.

Travaux sur la travée remise en place : Après la repose de la travée, différentes tâches restaient à exécuter pour permettre la réouverture du pont à la circulation, entre autres : réaliser l’étanchéité et les enrobés ; mettre en place les joints de chaussées, les garde-corps, les bordures, les candélabres et la signalisation horizontale ; effectuer les essais de charge…

Qui paiera les travaux ?

Compte tenu de l’importance de la remise en état du Pont Mathilde pour tout le territoire et ses habitants, le Département a fait le choix, pour engager au plus vite les travaux, de les préfinancer. En parallèle, le Département engageait un référé expertise afin d’obtenir le plus rapidement possible réparation du préjudice subi. Cette procédure s’appuie sur une mission d’expertise, désignée par le juge civil, chargée de fixer le montant du préjudice et d’établir les responsabilités des dommages entre les différentes parties impliquées.
 
Le coût de la remise en état du pont Mathilde s’élève à 6,67 M€ HT. Un acompte sur l’indemnisation demandée, d’un montant de 5 M€, a d’ores et déjà été versé par l’assurance du transporteur au Département. Le solde pourra être versé lorsque la commission d’expertise aura rendu son rapport final.

Des travaux d’entretien anticipés

Au-delà de la travée endommagée, le pont dans son ensemble devait faire l’objet de travaux d’entretien dans les années à venir (appuis, joints de chaussées, étanchéité, bordures, enrobés…).
 
Pour ne pas générer de nouvelles gênes aux automobilistes, il a été décidé d’anticiper ces travaux et de les mener conjointement avec les travaux de remise en état du pont. Ces travaux, engagés pour un montant de 2,17 M€ HT, ont été planifiés afin d’être achevés le 26 août 2014. Reprise de soudures, étanchéité et couche de roulement ont ainsi été rénovées.




Mots-clés : Rouen, Seine-Maritime


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