Proxénétisme : Rouen était la plaque tournante d'un réseau de prostitution nigérian


Mardi 25 Juin 2013 à 11:37 l Actualisé Mardi 25 Juin 2013 - 18:21



Seize personnes, hommes et femmes, ont été placées en garde à vue il y a quelques jours dans le cadre d'une vaste enquête sur la traite des êtres humains en bande organisée et proxénétisme aggravé. La majorité de ces interpellations a eu lieu à Rouen, Petit-Quevilly et Sotteville-lès-Rouen, mais aussi dans l'est de la France. Tous les mis en cause sont de nationalité nigériane.

Ce réseau, ciblé depuis quelques mois par l'OCRTEH (Office central pour la répression du trafic des êtres humains) était particulièrement bien structuré. A partir du Nigéria d'abord où les filles étaient recrutées. On leur faisait miroiter un travail en France, avec des papiers en règle. Il s'agissait en vérité de faux papiers. En échange, elles devaient s'engager à dédommager leurs "bienfaiteurs" dès l'instant qu'elles seraient en situation de gagner de l'argent.

Cérémonie d'envoûtement

Elles auraient par ailleurs, selon la coutume nigériane, été soumises à une sorte de cérémonie d'envoûtement, appelée « juju », visant à les protéger une fois arrivées au pays de destination.

Trois hommes au moins étaient chargés de faire passer les frontières aux jeunes recrues, via l'Espagne. Arrivées en France, elles étaient prises en charge par le réseau, composé notamment de "mamas" qui officiellement les hébergeaient à Petit-Quevilly et à Sotteville-lès-Rouen.

Les jeunes nigérianes découvraient ensuite rapidement en quoi allait consister leur travail, sur les trottoirs de Rouen.

Un réseau structuré sur les Hauts-de-Rouen

"Tout le réseau était organisé à partir de deux quartiers des Hauts-de-Rouen, les Sapins et la Grand-mare où habitaient les proxénètes", indique le commissaire divisionnaire Philippe Ménard, directeur du Service régional de police judiciaire (SRPJ) de Rouen.

Lors des perquisitions opérées au domicile de chacun des membres présumés du réseau, les enquêteurs ont découvert une vingtaine d'actes de naissance vierges, une somme en liquide de 22 000 euros, ainsi que des documents en blanc destinés à organiser des voyages entre le continent africain et l'Europe.

Les investigations du SRPJ de Rouen ont également permis d'établir qu'une soixantaine de véhicules a été acheminée en Afrique depuis la France. Ces véhicules ont été achetés dans l'Hexagone avec l'argent de la prostitution.

Selon le commissaire Ménard, "plusieurs dizaines de prostituées nigérianes, essentiellement originaires de Bénin City, seraient passées par ce réseau rouennais".

Quinze des seize personnes mises en examen dans cette affaire ont été placées en détention provisoire.








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