Meurtre de James à Evreux : l'auteur des coups de poignard avait la volonté de tuer


Lundi 30 Mars 2015 à 19:51 l Actualisé Mardi 31 Mars 2015 - 01:09



La procureure d'Evreux Dominique Laurens, entourée de Catherine Larmignat, procureur-adjoint et du commissariare Eric Maudier, directeur départemental de la sécurité publique, a profité d'un point presse pour saluer "l'excellent travail réalisé par les enquêteurs dans le cadre de cette affaire criminelle"  (Photo @infoNormandie)
La procureure d'Evreux Dominique Laurens, entourée de Catherine Larmignat, procureur-adjoint et du commissariare Eric Maudier, directeur départemental de la sécurité publique, a profité d'un point presse pour saluer "l'excellent travail réalisé par les enquêteurs dans le cadre de cette affaire criminelle" (Photo @infoNormandie)
James, 21 ans, est mort pour rien, tué de trois coups de couteau. Mort par la seule volonté d'un gamin de son âge. En toile de fond peut-être une histoire de rivalité amoureuse. C'est l'instruction qui le dira.

Deux jeunes gens qui aiment la même femme. Qui, en tout cas, ont partagé chacun, à un moment donné, quelques mois de leur vie avec elle, dans une sorte de " un coup je t'aime, un coup je t'aime plus", pour reprendre les termes de Dominique Laurens, procureure de la République d'Evreux.

Les faits sont d'une extrême violence, d'une extrême cruauté. James a été littéralement égorgé, la veine jugulaire tranchée par une lame "éflilée et cranté" de 22 cm. Une arme de chasse. Il a reçu ensuite, comme pour l'achever, deux coups de poignard dans le thorax. "Une plaie extrêmement profonde à la gorge et des plaies impressionnantes à la poitrine", a souligné la procureure, au cours d'un point presse ce lundi après-midi.

Le médecin légiste pourtant habitué à "expertiser" les corps meurtris a insisté sur la "violence des coups", dans son rapport d'autopsie remis ce lundi à la justice. 

"Il voulait sa mort"

Le meurtrier de James était déterminé. Il est venu clairement pour tuer ce rival. Il l'a explicitement confié aux enquêteurs de la sûreté départementale d'Evreux, lors de ses auditions successives. Il est venu samedi vers 17 heures au domicile de James, rue de la Rochette, à Evreux, avec un scénario criminel bien en tête. Bien réfléchi. "Un schéma criminel qu'il explique assez bien", selon la magistrate du parquet.

En garde à vue, il a déclaré être conscient d'avoir provoqué la mort. "Il a manifesté une volonté homicide caractérisée, affichée sans ambiguité, sur le fait qu'il a cherché à tuer James. Il voulait sa mort", a indiqué Dominique Laurens. L'auteur confiera d'ailleurs aux enquêteurs comment il devait s'y prendre : d'abord un crochet avec la lame au niveau de la gorge, puis ensuite deux coups au niveau du thorax. 

"La mort a été quasi instantanée"

Rue de la Rochette, il est arrivé le visage dissimulé par une cagoule. Il ne voulait pas que d'éventuels témoins puissent le reconnaître. Il se moquait en revanche d'être identifié par la victime, puisque dans sa tête, il avait déjà prévu de l'empêcher de parler à jamais. Il expliquera pourtant à un moment qu'il voulait seulement lui faire peur. Pour qu'il cesse d'importuner et de harceler la jeune fille qui, se confiant à lui, se plaignait du comportement parfois violent de James à son égard. Il voulait lui venir en aide ? 

Samedi, lorsque le jeune couple diabolique se présente au bas de l'immeuble où vit James, les tâches sont bien définies. La jeune fille doit aller, seule, sonner à la porte du jeune homme pour lui demander de descendre. James suit la femme avec laquelle il a renoué des relations sentimentales récemment. Arrivé dans la cour, il est immédiatement frappé, violemment, d'un premier coup de poignard, puis d'un deuxième et un troisième. Il s'écroule dans un bain de sang. La jeune fille, témoin de la scène, tente de lui porter secours, en lui faisant un point de compression, mais il n'y a plus rien à faire. "La mort a été quasi instantanée", a précisé la procureure de la République. 

Trois sapeurs-pompiers volontaires

Rapidement alerté par un témoin, un équipage de la brigade anti-criminalité (BAC) arrive en quelques minutes. Le meurtrier a encore la cagoule sur la tête. Il tient dans la main droite un couteau de chasse, l'arme du crime, et dans l'autre une matraque télescopique. Dans une de ses poches, les policiers retrouveront un couteau à cran d'arrêt.

A la vue des policiers, le jeune homme s'approche d'un pas décidé. Voulait-il se constituer prisonnier ? Par précaution, les fonctionnaires sortent leur arme de service. A leur demande, le jeune homme retire sa cagoule et pose le couteau au sol, puis il se laisse interpeller sans opposer la moindre résistance, selon le commissaire divisionnaire Eric Maudier, directeur départemental de la sécurité publique (DDSP).

Les protagonistes de ce drame se connaissaient bien. La jeune fille avait fréquenté James pendant au moins deux ans. Elle l'avait quitté pour aller avec l'autre avec lequel elle est restée 18 mois. Elle avait finalement renoué avec James il y a deux mois.

Tous les trois étaient sapeurs-pompiers volontaires : James et la jeune fille à la caserne d'Evreux, le troisième à Vernon d'où il est originaire. La victime et son meurtrier étaient sans emploi stable et avaient des "conditions de vie précaires"

Quel a été le rôle de la jeune fille ?

Une information judiciaire a été ouverte ce lundi après-midi par le parquet d'Evreux, pour homicide volontaire à l'encontre de l'auteur des coups mortels et pour complicité d'homicide volontaire à l'encontre de la jeune fille. Rien n'indique à ce stade des investigations policières si cette dernière est à l'origine de cette expédition punitive. Si elle a donné aussi des instructions et connaissait les intentions homicides de son copain. Ce qui est certain, c'est elle qui a attiré James dans ce piège en le faisant sortir de chez lui pour aller finalement - mais le savait-elle ? - à la rencontre de la mort.

Les deux jeunes gens étaient, ce soir, devant le juge des libertés et de la détention (JLD). Le magistrat devait décider au vu des pièces du dossier quel sort il devait réserver au meurtrier et à sa complice présumée. Le parquet a, pour sa part, requis leur placement en détention provisoire.


Dernière minute : l'auteur des coups de couteau mortels et sa complice ont été placés en détention provisoire tard dans la soirée de ce lundi.









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