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Marine Le Pen à Ecouis (Eure) cet après-midi : la droite et la gauche se lâchent


Vendredi 6 Janvier 2017 à 09:12

Illustration ©Twitter/FN
Illustration ©Twitter/FN
La venue dans l'Eure aujourd'hui de Marine Le Pen, candidate du Front national à l'élection présidentielle de 2017, agite la classe politique locale. A droite comme à gauche. « Ecouis, première victime de la campagne du FN », ironise Sébastien Lecornu, chef de file du parti Les Républicains dans le département qu'il préside. 

Ecouis, gros bourg d'un peu plus de 800 habitants près des Andelys, s'apprête en effet à accueillir la figure de proue du mouvement Marine 2017 ce vendredi en tout début d'après-midi. « Un déplacement sur le thème de la ruralité et des services publics », résume le communiqué publié par le FN pour annoncer cette venue. 

Une commune qui vote Front national

Marine Le Pen est attendue à la Maison des services publics implantée dans le bureau de poste de la commune. Une commune qui fait la part belle au Front national : lors des élections régionales 2015, le candidat frontiste Nicolas Bay est arrivé en tête de tous les candidats au premier et au deuxième tour. Il a obtenu respectivement 43,67% et 41,24% des suffrages, distançant largement son suivant Hervé Morin, actuel président de la Région Normandie.

« En choisissant de venir dans l'Eure pour stigmatiser la commune d'Ecouis et en faire le symbole d'une ruralité abandonnée, Marine Le Pen s'apprête à commettre la première bourde de sa campagne présidentielle », a réagi sans tarder Sébastien Lecornu, secrétaire départemental Les Républicains et président du Conseil départemental de l'Eure, dans un communiqué co-signé par trois autres élus locaux (Franck Gilard, député LR, Frédéric Duché, maire des Andelys et Alexandre Rassaërt, maire de Gisors).

« Erreur de casting »
              
Selon Sébastien Lecornu et ses amis, la candidate du Front National, « fait une erreur de casting magistrale » en choisissant cette commune pour illustrer un thème de sa campagne présidentielle, à savoir "le recul des services publics dans les zones périurbaines". « L'Eure  est un des départements qui fait sans doute le plus pour les communes rurales », argumentent-ils détaillant une série de dispositions mises en place par le Département.

« Pire, pour illustrer l'abandon des campagnes,  la candidate Le Pen  a choisi la commune où va bientôt être inaugurée une Maison de Services Au Public. C’est-à-dire un guichet qui garantit justement aux habitants des zones rurales  de continuer à avoir accès aux services publics sans faire des kilomètres. Prendre un tel exemple pour faire la démonstration que les campagnes sont délibérément abandonnées relève, il faut le dire, d'un calcul politique assez baroque ».

« Ambitions électorales »
 
« Plus simplement, en venant à Ecouis sans aucun souci de la vérité, Marine Le Pen montre qu'elle aime plus que personne diviser la nation. Dans l'Eure, elle est venue jouer  les "Français des champs" contre les "Français des villes" ».

« Quelle tristesse de voir ainsi une candidate à l'Elysée venir instrumentaliser une commune, stigmatiser un territoire pour servir ses seules ambitions électorales », conclut le communiqué.

Le PS dénonce « l'hypocrisie et le cynisme » du Front national

Le Parti socialiste de l'Eure, via la secrétaire de section des Andelys, se déclare quant à lui stupéfait par cette visite et « dénonce fermement l'hypocrisie et le cynisme » du Front national, un parti qui « souhaite instrumentaliser les souffrances de nos concitoyens », écrit Martine Seguela, par ailleurs conseillère municipale socialiste des Andelys.

Enumérant les principales actions prises par le socialiste Jean Louis Destans, alors président du Conseil général de l'Eure, pour défendre l'emploi (M-Real à Alizay, Sealynx à Charleval...), le PS estime que derrière un « discours séducteur, Marine Le Pen est porteuse d'un programme de casse sociale qui isolerait davantage ceux qui souffrent dans notre société ».

Martine Seguela évoque naturellement le symbole historique que représente Ecouis, qui fut « le lieu d'accueil de 426 enfants et adolescents juifs, en provenance du camp de concentration de Buchenwald ». « Madame Le Pen (...) prendra-t-elle le temps de se recueillir ? interroge l'élue socialiste.














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