Etat d'urgence : le préfet de l'Eure dévoile devant les maires les premières mesures prises


Publié le Samedi 21 Novembre 2015 à 13:30 l Actualisé le 21/11 - 18:13



Les maires des 675 communes de l'Eure étaient conviées par le préfet au Cadran, à Evreux, ce samedi matin (Photo@préfecture de l'Eure)
Les maires des 675 communes de l'Eure étaient conviées par le préfet au Cadran, à Evreux, ce samedi matin (Photo@préfecture de l'Eure)
Les maires des 675 communes que compte le département de l'Eure ont été conviés ce samedi matin, à Evreux, par le préfet, René Bidal, à une réunion dans le cadre des dispositions de l'état d'urgence décrété après les attentats de vendredi 13 novembre à Paris.

Ces attaques terroristes ont fait au moins 130 morts et 351 blessés, parmi lesquels "56 sont en réanimation dont 2 avec un pronostic vital qui est encore engagé". . Il s'agissait pour le représentant de l'Etat d'exposer la situation actuelle et de présenter les mesures qu'il pourrait "potententiellement mettre en oeuvre".

En préambule, René Bidal a souligné que cette réunion - à trois semaines d'une échéance électorale (élections régionales des 5 et 12 décembre) - était aussi un "moment d'hommage aux victimes".

"Nous avons une pensée émue et compatissante pour les familles endeuillées et celles qui sont dans l’attente angoissante de pronostics difficiles pour leurs enfants blessés"
, a déclaré le préfet de l'Eure.
"Il y a en eu dans l’Eure et je souhaite partager avec vous une pensée toute particulière pour le commissaire Arnaud Beldon, chef de la circonscription de Louviers-Val-de-Reuil lequel, spectateur au Bataclan vendredi, a eu, entre autres blessures, la moelle épinière sectionnée par une balle ; il ne marchera plus".

Enumérant quelques-unes des dispositions prévues dans le cadre de l'état d'urgence, René Bidal a tenu à rappeler les mesures qu'il avait décidées, au niveau départemental, au lendemain des attentats.
"J’ai demandé à la police et à la gendarmerie d’améliorer, au maximum de leurs possibilités opérationnelles, notamment lorsque vous en jugerez la nécessité, les conditions d’une surveillance accrue et d’une visibilité renforcée aux alentours de sites qui, par nature, sont très fréquentés ou sensibles", a-t-il indiqué, rappelant que depuis les attentats de janvier dernier (contre Charlie Hebdo, notamment) il a "mis en place une cellule de suivi et de prévention de la radicalisation".

"Dans l’Eure, détaille le préfet, les services ont recueilli 80 signalements. Pour chaque signalement, une analyse est immédiatement faite qui conclut, dans la plupart des cas, à une absence de radicalisation dure, toutefois une attention soutenue est portée pour 9 d’entre eux qui sont suivis par les services et feront l’objet, si nécessaire, de mesures particulières".

L'occasion pour le représentant de l'Etat, de fournir quelques informations sur les perquisitions administratives et les assignations à résidence qu'il a déjà eu à décider dans le cadre de l'état d'urgence.
"Depuis ce funeste vendredi, j’ai requis les services de la DDSP (Direction départementale de la sécurité publique, ndlr) qui sont intervenus avec l’appui du SRPJ (service régional de police judiciaire) et, lorsque nécessaire de la BRI (Brigade de recherches et d'intervention, ex anti-gang), dans deux domiciles eurois pour y effectuer des perquisitions ; lorsque ces perquisitions mettent en lumière des infractions pénales, de quelque nature qu’elles soient et pas seulement celles qui exprimeraient une apologie des crimes terroristes". 

Ces deux cas « eurois » , a-t-il affirmé, "ne seront pas les derniers". 

" C’est le procédé que j’appliquerai systématiquement avec les maires concernés, car je crois indispensable de partager avec vous la connaissance individualisée d’un sujet que la mémoire de nos victimes nous intime comme une ardente obligation".

"J’en viens aux assignations à résidence. Celles-ci sont prononcées par le Ministre de l’intérieur sur la proposition que le préfet ou les services spécialisés peuvent lui faire. Une fois cette décision ministérielle prise, je requiers les services de police ou de gendarmerie de les notifier. Ces assignations seront assorties de perquisitions"
.

"Les assignations à résidence prévoient les limites géographiques dans lesquelles la personne assignée devra se maintenir et elle comporte une obligation de pointage quotidien, qui pourra être de plusieurs fois par jour, au service de police ou de gendarmerie.

Dans le département, j’ai notifiée une assignation à résidence avec obligation d’un pointage quotidien. Là encore, le maire concerné a été préalablement et confidentiellement informé par mes soins et il en sera de même pour tous les cas qui se présenteront.









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