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Escroquerie dans une étude notariale d'Elbeuf : le notaire se défend et accuse sa comptable


Publié le Lundi 30 Juin 2014 à 13:59 l Actualisé le 01/07 - 10:43


Me Christophe Callat (à droite) se défend d'avoir touché des enveloppes de la part de la comptable de son étude notariale. "Aucune charge n'a été retenue contre mon client", indique pour sa part Me Frédéric Caulier, l'avocat de l'officier ministériel (@infonormandie)
Me Christophe Callat (à droite) se défend d'avoir touché des enveloppes de la part de la comptable de son étude notariale. "Aucune charge n'a été retenue contre mon client", indique pour sa part Me Frédéric Caulier, l'avocat de l'officier ministériel (@infonormandie)
"Je n'aurais pas risqué de ternir ma réputation et ma place de notaire pour 1 600€ par mois".
Christophe Callat, 46 ans, est, avec deux associés, à la tête d'une grosse étude notariale à Elbeuf. Une affaire sans histoire jusqu'à ce coup de tonnerre mardi 24 juin : le placement en garde à vue de l'officier ministériel, pour être entendu dans une affaire d'escroquerie, d'abus de confiance et de détournements.

Une ex-comptable de l'étude, mise en cause elle-même dans des détournements au préjudice de son employeur (le montant est estimé par les enquêteurs à 1 280 000€), accuse Christophe Callat d'avoir exigé des "enveloppes" de sa part en échange de son silence, autrement dit de s'être transformé en maître-chanteur.

Le pot aux roses découvert en juin 2013

Des accusations que le notaire et son défenseur, Me Frédéric Caulier, ont tenté de démonter pièce par pièce au cours d'une conférence de presse organisée ce lundi matin au cabinet de l'avocat Elbeuvien.

D'abord, Me Christophe Callat a tenu à préciser que le pot aux roses a été découvert en juin 2013 non pas par la Chambre des notaires, mais grâce à un audit qu'il a lui même confié à un expert comptable indépendant, après avoir constaté des anomalies dans la comptabilité de son étude.

"Depuis plusieurs années, il y avait des signaux d'alerte qui disaient que la comptabilité posait problème. A cette époque, Me Callat avait suggéré la mise en place d'un système informatique pour vérifier et pour régulariser ce problème par le jeu de rapprochements bancaires. Mais la personne chargée de la comptablité s'y est toujours opposée. On a mieux compris pourquoi lorsque en juin 1993 l'audit a révélé des détournements", souligne Me Frédéric Caulier.

Des détournements depuis plus de vingt ans

La comptable, qui totalise plus de 30 ans d'ancienneté dans l'étude, a été licenciée immédiatement. "Je savais qu'elle faisait mal son travail, mais elle faisait partie du décor. Je l'ai toujours connue à l'étude où elle était entrée à l'âge de 16 ans", indique Me Christophe Callat.

Selon lui et son avocat, cette employée d'une cinquantaine d'années aurait mis en place un système de détournement relativement simple qui consistait à puiser des sommes d'argent plus ou moins importantes dans les dossiers de succession en attente. La mise en cause présumée endossait les chèques à son nom et les déposait sur ses comptes personnels qu'elle avait ouverts dans deux établissements bancaires. L'enquête aurait permis d'établir qu'elle détournait entre 6 000 et 7 000€ par mois, depuis au moins plus de vingt ans !

"Je peux marcher la tête haute"

Seulement voilà, lors de son audition par les policiers en décembre 2013 l'ex-comptable de l'étude a mis en cause le notaire. Selon elle, Me Christophe Callat qui avait découvert ses agissements il y a vingt ans alors qu'il était clerc de notaire l'aurait incitée dès lors à lui remettre une enveloppe de 1 600€ en liquide chaque mois en échange de son silence. "Cela ne tient pas debout. Je peux marcher la tête haute, ces accusations sont du n'importe quoi ! ", proteste l'intéressé.

Lors de sa garde à vue qui a duré 29 heures en début de semaine dernière, le notaire a pu s'expliquer sur un certain nombre de points. A commencer par son train de vie confortable, ses investissements immobiliers et les flux financiers qui apparaissent sur ses comptes bancaires. Les policiers ont procédé à des perquisitions à son domicile et à l'office notarial.

Peut-être une confrontation avec son accusatrice ?

Sa garde à vue a été levée avant l'heure après que le médecin qui l'a examiné l'ait jugée incompatible avec son état de santé. "A ce jour, aucune charge n'a été retenue contre mon client, qui n'a pas été déféré au parquet. Il n'y a ni mise en examen ni contrôle judiciaire. Il a le statut de témoin, ce qui signifie qu'il a une liberté de parole totale", a précisé Me Frédéric Caulier.

Pour autant, Me Christophe Callat devrait être réentendu par les policiers dans les prochains jours. Il n'est pas exclu qu'il soit alors soumis à une confrontation avec son accusatrice. Il appartiendra ensuite au juge d'instruction, au vu des pièces du dossier, de prononcer ou non une mise en examen du notaire et son renvoi devant le tribunal correctionnel. 





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